Pop Margaux Hug.

Les créations pop et idéalistes de la photographe Margaux Hug m’ont séduit au premier regard. Curieuse, j’ai voulu en savoir un peu plus sur cette jeune femme à l’univers féminin et coloré. C’est la raison pour laquelle je suis allée l’interroger sur son parcours, ses inspirations et sa perception.

Hello Margaux. Pour commencer, qui es-tu ? Si tu devais te définir en trois mots ce serait …?

Je m’appelle Margaux Hug, je suis photographe et directrice artistique à Paris, ma ville natale. Si je devais me définir en trois mots, je dirais que je suis rêveuse, excessive et créative.

D’où vient ton univers pop ? Quelles sont tes inspirations ?

J’ai commencé par étudier le graphisme et les arts décoratifs, avec déjà un goût prononcé pour la couleur et les univers décalés inspirés de la mode et du cinéma. Lorsque j’ai commencé la photographie aux Gobelins, j’ai cherché à concilier mon univers photographique à mon travail en graphisme. Au début ce n’était pas évident, puis les deux se sont rejoints naturellement. J’ai recentré mon travail sur des images plus épurées, surréelles et colorées. Je garde toujours un effet glamour, proche de l’image de mode. C’est un surréalisme joyeux et esthétisé. Photographier le quotidien m’ennuie, j’ai besoin de m’évader !

Mes plus grandes sources d’inspiration ont toujours été le travail de Jean-Paul Goude, ainsi que celui de Peter Knapp, directeur artistique chez Elle Magazine pendant plusieurs années. C’est décalé, amusant avec une grande beauté dans l’image. Aujourd’hui beaucoup d’autres noms sont venus s’y ajouter… Pour n’en choisir que quelques uns : le duo Toilet Paper, l’immense Guy Bourdin, Ellen Von Unwerth, la graphiste anglaise Quentin Jones, les natures mortes d’Irving Penn, la photographe Kourtney Roy, les images dérangeantes et rétro d’Alex Prager, le graphisme en papier de Zim & Zou, le collectif AKATRE, CANADA et leurs clips décalés…

Tu dis toi-même que tu donnes un aspect surréaliste à tes photos, que veux-tu exprimer en sublimant le réel ?

Je ne cherche pas à exprimer quelque chose de particulier en magnifiant le réel, je pense que c’est avant tout un jeu d’enfant qui te reprend adulte, comme une pulsion de vie ! Baudelaire disait que l’Art, c’est l’enfance retrouvée, à volonté. Prendre un sujet du quotidien, le réinterpréter avec des couleurs, des textures, des contextes qui ne sont pas celui de sa fonction initial, c’est comme un jeu ! Lorsque tu décides d’en faire ton métier il y a tout un savoir-faire et une rigueur à apprendre, mais l’idée de base, c’est de s’amuser!

Dans tes photos, on voit plus d’objets et d’aliments que d’humain, pourquoi cette préférence ?

Mon univers pop a toujours été là, c’est le domaine qui m’inspire le plus ! Pop vient de populaire, c’est un courant artistique qui s’inspire de tout ce que l’on voit au quotidien : une télévision, un frigo, des images de magazine, un bol, un cornet de frites… Ce mouvement joue et critique tout ce qui est lié à notre culture de masse et l’industrialisation de notre quotidien. Il suffit de tendre le bras, de prendre le premier objet qui vous vient, et de jouer autour de sa représentation, le détourner de sa fonction initiale. J’aime l’idée de créer de la poésie avec un objet populaire comme une canette de coca ou un frigo, plutôt qu’une poésie évidente comme un paysage ou une jolie fille. C’est un véritable challenge ! Voir de la beauté là où il n’y en a pas forcément…

Tu travailles également comme DA dans une grande agence parisienne, est-il réellement possible d’exprimer toute sa créativité en publicité ?

C’est difficile de faire tout ce que l’on veut, il y a beaucoup de gens à convaincre, et il faut ne faut pas oublier le but premier qui est de vendre le produit. Les clients luxe ou avec une renommée mondiale déjà bien installée prennent plus de risques! Là où il y a de l’argent, il y a plus de créativité car plus de moyens ! Les mentalités sont différentes selon les pays aussi, je trouve que les anglais et les américains osent plus de choses…

Justement, le rôle de la publicité est-il d’embellir le réel ?

Évidement ! Il faut vendre du rêve, créer un monde autour de l’objet, pour créer une sorte d’adrénaline chez le spectateur, qui aura l’impression d’acheter plus qu’un produit, mais tout le monde idéal lié à ce produit. C’est le rôle de l’Art, de la musique, de la danse, de la mode, du design, de la photographie et du cinéma… S’il n’y a pas d’Art, la réalité serait triste et banale. Il faut apporter de la poésie partout, de l’émotion.

Une campagne de pub marquante que tu as appréciée dernièrement ? Pourquoi ?

La publicité que j’admire le plus est pour Ikea, intitulée «Beds» et créée par l’agence de publicité Mother, basée à Londres. Elle procure une grande émotion, un moment captivant qui t’emmène dans une bulle de beauté, d’une grande délicatesse !

J’admire aussi «#Win Christmas» par Adam & Eve pour Mulberry, ah l’humour anglais ! Le concept est génial, ça rafraîchit le monde du luxe ! Il y a aussi «The man on the moon» pour John Lewis toujours pas Adam & Eve Londres, ça rappelle la magie des contes d’enfance. Généralement, j’aime les publicités qui sont sincères et non prétentieuses, avec une touche d’humour… La publicité doit restée légère et artistique comme le «Curieux diner de Noel» de Victor Haegelin pour les Galeries Lafayette où les objets de la table prennent vie. J’adore aussi les films de Jean-Paul Goulde pour Chanel : pour le parfum «Égoiste» où des femmes crient «Égoiste!» en ouvrant chacune à leur tour, les volets de leur fenêtre ! ou «Coco» avec Vanessa Paradis qui joue une femme oiseau.

J’aime aussi beaucoup les films «Because no reason» pour Chambord, réalisés par Abbie Stephens et l’agence Wieden & Kennedy Londres. C’est une série de films absurdes, créatifs, sans queue ni tête ! Les anglais se permettent tout, ils n’ont pas de frein dans leur créativité, ne pensent à l’intérieur des cases, les plus beaux films publicitaites, ce sont eux ! Je finirai avec les films «Finish, Dishes» toujours par Wieden & Kennedy Londres et le collectif Megaforce, et Skittles «Touch the Rainbow» où un homme transforme tout ce qu’il touche en Skittles.

Vous l’aurez compris, c’est un monde plein de couleurs et de références populaires qu’est celui de Margaux Hug et que j’apprécie tout particulièrement tant il donne le sourire et la réflexion sur la manière de rendre beau les produits de consommation de masse.

Pour découvrir son univers : cliquez ici.

Je remercie bien évidemment Margaux d’avoir accepté de répondre à mes questions.

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